L’oignon de Roscoff: mon préféré!

Un peu d’histoire

La légende veut qu’un moine, à la fin du 17ème siècle, sema et récolta, dans le jardin de son couvent, les premiers oignons rosés dont il avait rapporté des graines de Lisbonne. 

Roscoff était alors un port de commerce très important, l’on commerçait activement les graines de lin en provenance de la Baltique, mais aussi le sel (la Bretagne n’était pas soumise à la Gabelle) et le blé …. sans oublier la contrebande (!!).

Bientôt, la culture se développa car l’oignon, riche en Vitamine C, était recherché par les marins pour prévenir le scorbut alors que la culture du lin, qui avait fait la richesse de la région périclitait.

Mais dès 1815, à la levée du blocus continental, les paysans roscovites firent le pari d’écouler leur production outre manche . 

Ils quittaient Roscoff à la fin de l’été et parcouraient les routes d’Angleterre, tels des colporteurs, vendant leurs oignons au porte à porte, leurs tresses d’oignons accrochés à leur vélo.

Amicalement, les britanniques les nommèrent “Johnny” (Petit Jean) et guettaient chaque année leur arrivée!

Ce mode de commercialisation n’avait rien d’anecdotique et constituait un vrai débouché pour ces agriculteurs (près de 10000 tonnes écoulées par 1400 Johnnies en 1920).

Peu à peu, la crise économique, la deuxième guerre mondiale et un certain protectionnisme britannique eurent raison de cette page d’histoire !

Il ne fallait pas méconnaitre alors la ténacité, la pugnacité de ces paysans léonards pour développer et valoriser leur production visant la qualité et l’excellence.

Ainsi, à l’instar de la Mirabelle de Lorraine, la mogette de Vendée ou le Haricot Tarbais, l’oignon de Roscoff est désormais reconnu en Appellation d’Origine Protégée (AOP) .

Mais quels sont les ingrédients de cette réussite ?

Un vrai terroir 

La proximité directe de la mer assure des caractéristiques climatiques optimales à la culture de l’oignon de Roscoff : un climat tempéré océanique doux grâce au Gulf-Stream, de faibles écarts de températures jour/nuit et hiver/été et des pluies régulières.

Les 24 communes, de Kerlouan à l’Ouest à Roscoff et St Pol de Léon à l’Est, retenues pour l’aire géographique, présentent en outre un savoir faire très ancien pour la culture de l’oignon et toutes les étapes de production et de conditionnement y ont lieu .

Des modes de culture maîtrisés

Le cahier des charges de l’AOP prévoit un cadre précis pour le  choix des parcelles, la densité de mise en culture, la fertilisation azotée, mais c’est véritablement à la récolte que se joue la qualité de  l’oignon de Roscoff .

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Pour garantir une longue conservation naturelle et l’intensité de la saveur des oignons, les producteurs  procèdent au soulevage  (action de passer une lame métallique) sous la plante pour couper les racines au stade où l’oignon est à l’optimum de sa qualité (qualités gustatives et longue conservation), c’est à dire au moment de la tombaison du feuillage

L’utilisation de traitement anti-germinatif est interdit dans le cahier des charges.

Après un pré-séchage au champ, l’oignon est ensuite rapidement ramassé pour 

être entreposé sous abri dans un milieu sec et aéré.

Après séchage, chaque oignon est trié puis préparé manuellement (nettoyé, ébarbé et/ou tressé) avant d’être conditionné.

 

Un goût reconnu par les plus grands chefs 

Quant à moi, c’est chez Jean Hervé Michel, à Roscoff, que j’ai fait mes emplettes …. de beaux oignons, bien dodus et juteux … la tresse que j’accrocherai dans ma cuisine me garantira une conservation naturelle du produit jusqu’au printemps. 

J’adore leur goût suave et sucré qui se prête à toutes les préparations !

Vous retrouverez sur le site du Petit Plat du Jour de nombreuses recettes ou je les utilise.

Mais la seule que je ne peux vous donner …… c’est celle pour éviter de pleurer en les découpant !

                                 Jean Yves Crenn

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4 commentaires

Bravo Jean-Yves! Je ne manque pas de regarder tous les petits plats du jour .

Merci Evelline 🙂

Le meilleur sans aucun doute !

Oui c’est sûr!!

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